Dans la chambre du fond de ce deuxième étage, deux lits jumeaux étaient séparés par une table de chevet de belle qualité, un escalier menait à une mezzanine et, au même niveau, une porte donnait dans une grande pièce sous le toit. Elle avait l’air d’être prévue pour des enfants car il y avait deux petits lits, deux divans et des jouets prêts à être utilisés.
- Tu as vu, les meubles sont très riches !
- C'est vrai, mais il vaudrait mieux dire : les meubles sont cossus, massifs et ils ont dû coûter cher ! Tes réactions font « jeune » et ton enthousiasme fait plaisir à voir. Quel âge as-tu en vérité ?
- J'ai vingt ans, et toi ?
- J'en ai dix-huit !
- Ah ! Tu vois, je suis plus âgée que toi ! Je suis donc une grande fille et mes réactions sont tout à fait normales. Cette maison m'emballe. Elle est superbe ! Viens vite voir le premier étage et le rez-de-chaussée.
Ils rejoignent l'agent immobilier et Pierre qui étaient en grande conversation dans la salle à manger, devant la fenêtre, face à la montagne.
- Vous n'avez pas de voiture, monsieur ? Vous ne savez pas conduire ?- Je savais. Mais je n'ai plus conduit depuis quinze ans et je crains de m'y remettre.
- Pourquoi ne pas reprendre des cours de conduite ? Ce serait le meilleur moyen ! Quelques leçons devraient suffire à vous remettre le volant en mains et à vous redonner confiance en vous. Que risquez-vous à essayer ?
- Il faut que j'y réfléchisse !
- Sans voiture, les seules sorties que vous pourrez faire seront réduites à quelques promenades à pied. Juin est le mois des vacances. Un seul taxi fonctionne et encore, vous devrez le commander à l'avance et vous ne l'aurez pas autant que vous le voudriez. Vous ne pourrez pas l'utiliser pour tous vos déplacements et vous vous ennuierez mortellement...
L'homme reprit sa respiration avant de poursuivre, il semblait avoir encore beaucoup de choses à dire :
- Egat est un village agréable et charmant mais calme et sans commerce. Vous aurez intérêt à ne rien oublier.
Tout ce qu’il entendait rendait Pierre perplexe. Il se sentit pris au piège.
- C'est ma faute, je n'ai rien spécifié de spécial à l'agence. J'avais tant d'autres chats à fouetter que je n'ai pas pu penser à tout ! D'ailleurs, cela n'aurait rien changé.
- Ecoutez, monsieur, je vous propose de finir la visite de la maison. Ensuite, vous réfléchirez. Là est la cuisine intégrée dans la salle de séjour à l'Américaine. Au fond, une autre chambre et sa salle de bains.
Mais Pierre regardait tout sans voir. Il était inquiet :
« J'ai fait preuve d'inconscience en m'embarquant ainsi sans réfléchir. Je comprends pourquoi je craignais tant de partir. Je savais ce que je quittais sans savoir pour autant ce qui m'attendait, maintenant je le sais... »
- Suivez-moi, monsieur. Nous allons voir le rez-de-chaussée et je vous ferai signer le contrat de location. Le temps passe, il va falloir que je reparte.
Le bas était composé d'une pièce ouvrant directement sur la minuscule cour-jardin. Le mur du fond était dévoré par une immense cheminée qui ne servait qu'à faire des grillades. Sur la droit il y avait, autrefois, une source donnant dans un puis, aujourd'hui bouché. Encore une porte donnant dans le cellier. C'est là qu'étaient la chaudière du chauffage central, la machine à laver le linge et autres bricoles...Un détail prticulier dans cette maison attira l'attention de Pierre. Elle était construite contre la roche où l'eau ruisselait encore. Ce qui lui faisait penser à sa maison de Saint-Paul construite dans la roche elle aussi. Mais ce n'était pas la même roche.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander