Samedi 11 juillet 2009

Dans la chambre du fond de ce deuxième étage, deux lits jumeaux étaient séparés par une table de chevet de belle qualité, un escalier menait à une mezzanine et, au même niveau, une porte donnait dans une grande pièce sous le toit. Elle avait l’air d’être prévue pour des enfants car il y avait deux petits lits, deux divans et des jouets prêts à être utilisés.

- Tu as vu, les meubles sont très riches !

- C'est vrai, mais il vaudrait mieux dire : les meubles sont cossus, massifs et ils ont dû coûter cher ! Tes réactions font « jeune » et ton enthousiasme fait plaisir à voir. Quel âge as-tu en vérité ?

- J'ai vingt ans, et toi ?

- J'en ai dix-huit !

- Ah ! Tu vois, je suis plus âgée que toi ! Je suis donc une grande fille et mes réactions sont tout à fait normales. Cette maison m'emballe. Elle est superbe ! Viens vite voir le premier étage et le rez-de-chaussée.

Ils rejoignent l'agent immobilier et Pierre qui étaient en grande conversation dans la salle à manger, devant la fenêtre, face à la montagne.

             - Vous n'avez pas de voiture, monsieur ? Vous ne savez pas conduire ?
             - Je savais. Mais je n'ai plus conduit depuis quinze ans et je crains de m'y remettre.

- Pourquoi ne pas reprendre des cours de conduite ? Ce serait le meilleur moyen ! Quelques leçons devraient suffire à vous remettre le volant en mains et à vous redonner confiance en vous. Que risquez-vous à essayer ?

- Il faut que j'y réfléchisse !

- Sans voiture, les seules sorties que vous pourrez faire seront réduites à quelques promenades à pied. Juin est le mois des vacances. Un seul taxi fonctionne et encore, vous devrez le commander à l'avance et vous ne l'aurez pas autant que vous le voudriez. Vous ne pourrez pas l'utiliser pour tous vos déplacements et vous vous ennuierez mortellement...

L'homme reprit sa respiration avant de poursuivre, il semblait avoir encore beaucoup de choses à dire :

- Egat est un village agréable et charmant mais calme et sans commerce. Vous aurez intérêt à ne rien oublier.

Tout ce qu’il entendait rendait Pierre perplexe. Il se sentit pris au piège.

- C'est ma faute, je n'ai rien spécifié de spécial à l'agence. J'avais tant d'autres chats à fouetter que je n'ai pas pu penser à tout ! D'ailleurs, cela n'aurait rien changé.

- Ecoutez, monsieur, je vous propose de finir la visite de la maison. Ensuite, vous réfléchirez. Là est la cuisine intégrée dans la salle de séjour à l'Américaine. Au fond, une autre chambre et sa salle de bains.

Mais Pierre regardait tout sans voir. Il était inquiet :

« J'ai fait preuve d'inconscience en m'embarquant ainsi sans réfléchir. Je comprends pourquoi je craignais tant de partir. Je savais ce que je quittais sans savoir pour autant ce qui m'attendait, maintenant je le sais... »

- Suivez-moi, monsieur. Nous allons voir le rez-de-chaussée et je vous ferai signer le contrat de location. Le temps passe, il va falloir que je reparte.

            Le bas était composé d'une pièce ouvrant directement sur la minuscule cour-jardin. Le mur du fond était dévoré par une immense cheminée qui ne servait qu'à faire des grillades. Sur la droit il y avait, autrefois, une source donnant dans un puis, aujourd'hui bouché. Encore une porte donnant dans le cellier. C'est là qu'étaient la chaudière du chauffage central, la machine à laver le linge et autres bricoles...
             Un détail prticulier dans cette maison attira l'attention de Pierre. Elle était construite contre la roche où l'eau ruisselait encore. Ce qui lui faisait penser à sa maison de Saint-Paul construite dans la roche elle aussi. Mais ce n'était pas la même roche. 
Par CHAMARIE - Publié dans : Littéraire - Communauté : Ecrivain cherchant réalisateur
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Vendredi 10 juillet 2009

Depuis la gare de Latour de Carol, le paysage était plus dégagé que depuis Villefranche de Conflens mais tout aussi beau. Cette randonnée permettait de découvrir ce pays attachant autrement que par les voies routières. Environ une heure plus tard, ils arrivèrent à la gare d'Odeillo.

Et toujours, tout ce saint-frusquin à transbahuter ! C'était au tour du taxi de les conduire jusqu'à l'agence immobilière, celle avec laquelle l'agence de Paris s'était mise en rapport le mois précédent et qui les conduirait à la maison pour l'ouvrir et leur en faire les honneurs.

Après avoir descendu, pour la troisième fois, les bagages d'un véhicule à l’autre, il fallait les descendre du taxi pour les déposer devant l'agence. L'employé sortit de sa voiture au même moment.

Il les vit déprimés et sans forces et, connaissant bien le problème des voyageurs arrivant en train super chargés, leur ouvrit son auto afin qu'ils puissent y déposer tout leur fatras et leur conseilla vivement d'aller à l'hôtel proche, le seul ouvert, prendre un bon petit déjeuner afin de pouvoir se requinquer et commencer la journée d'un bon pied.

- Prenez votre temps, réconfortez-vous, et revenez me voir ensuite. Je suis là, je vous attends.

Depuis l'après-midi de la veille, ils n'avaient rien pu prendre. Ils étaient assoiffés, affamés, affaiblis. Quelle joie de pouvoir s'asseoir au chaud et de commander un verre de jus d'orange pressée, du fromage blanc, des céréales, du pain grillé, des croissants pour apaiser la faim qui les tenaillait.

Trop occupés à se repaître dans cet endroit chaud et parfumé d'une délicieuse odeur de café que le serveur avait fait pour eux seuls, ils étaient devenus silencieux. Leurs visages se décrispa, leurs corps se détendit, leurs sourires refleurirent.

- Quelle aventure un voyage pareil ! Je ne le referai pas de si tôt dans ces conditions !

- Je pensais la même chose.

- Moi aussi.

- La dernière épreuve sera-t-elle moins difficile ? Je l'espère. Et aussi que la maison va nous plaire car je ne la connais pas du tout. Je n'ai aucune photo, aucun plan pouvant m'en donner une quelconque idée. Après cela nous reviendrons ici prendre le repas de midi. Nous ramènerons quelques courses pour le dîner et le petit déjeuner de demain. Pour la suite, nous verrons.

- D'accord !

- Cela me convient !

Pierre sourit :

- Si tout le mois de juin se passe aussi aisément, ce sera un jeu d'enfant pour moi. Vous êtes si gentils tous les deux et toujours du même avis. Si cela pouvait durer. Vous avez fini ? Alors nous pouvons peut-être y aller. Il me tarde de connaître notre demeure et de poser ENFIN les valises.

- Allons-y, dit Eva en se levant.

Gontrand constatait avec plaisir qu’Eva parlait facilement. Cela l'arrangeait bien :

« Elle fera la conversation seule et mettra de l'animation entre Pierre et moi, ce sera super. »

Ils sortirent de l'hôtel ragaillardis, retrouvèrent l'homme qu'ils avaient déjà vu et montèrent dans sa voiture. Ils prirent la route pour Egat, dernière étape de ce long voyage.

Quelques minutes plus tard, l'agent immobilier arrêta sa voiture devant le grand portail au bas de la maison, afin qu'ils puissent la voir dans son ensemble depuis l'extérieur.

- C'est ancien comme bâtiment ! Dit Eva. Mais pas mal.

Elle disait tout haut ce que les hommes pensaient tout bas. Au premier abord elle ne paraissait pas grande cette maison. Mais quand ils entrèrent à l'intérieur, ce fut tout autre chose.

- Maintenant, je vais la contourner. La différence de niveau est telle depuis la façade que l'entrée, à l'arrière, se fait au deuxième étage. Cette maison est pleine de surprises, vous verrez. Je pense que vous ne regretterez pas.

Les bagages furent descendus pour la cinquième et dernière fois avec un grand soulagement et lancés plutôt que posés.

Dès l'entrée, Eva se précipita à l’intérieur, ouvrit les portes, poussa des : « Ah ! Et des oh ! C’est joli ! C’est beau ! Oh ! Celle-là, quelle merveille ! »

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Jeudi 9 juillet 2009

3

 

 

 

 

Jetant un coup d’œil sur sa montre, Pierre vit : sept heures. Un frémissement de joie le parcourut : « Combien y a-t-il de temps que je ne suis pas allé à la montagne ? Hououou !... Cela remonte loin. Ce devait être les Hautes-Pyrénées ». Ce vague souvenir, risquant d'en éveiller beaucoup d'autres, s'effaça de son esprit aussi vite qu'il s'y était présenté. Il se leva d'un bond.

Sur la pointe des pieds, pour éviter de faire du bruit, il ouvrit la porte. Il faisait jour et le temps, gris à cette heure matinale, laissait apercevoir un paysage montagneux. Pierre regarda à nouveau sa montre : « Mon Dieu ! Il faut les réveiller maintenant. Dans vingt minutes nous serons arrivés à destination, il faut qu’ils soient prêts. »

Il rentra dans le compartiment où il commença à les secouer. Ils dormaient si bien... C'était presque un crime d'insister. Pourtant ils avaient dormi dix heures d'affilée. Les « dix-huit/vingt ans », peuvent dormir beaucoup plus. Faire le tour du cadran ne leur fait pas peur. Ils ouvrirent finalement leurs yeux, mais ils étaient pleins de reproches…

- Excusez-moi d'insister, mes enfants, mais dans quinze minutes nous serons arrivés. Ne vous retardez pas car nous aurons à peine le temps de transférer les bagages de ce train-ci à l'autre. Il n'y aura qu'un quart d'heure d'écart et plusieurs voyages pour tout transporter. Ce sera très juste encore une fois et je n'ai pas envie de rater ce train-là non plus !

Ils finirent par s'arracher de la couchette, s'habiller, faire un brin de toilette lorsque le train ralentit, au moment même où, dans le haut-parleur, une voix d'homme annonçait : « ...terminus... ne rien oublier dans les compartiments... »

Les voyageurs s’étaient tous agglutinés devant la porte de sortie, comme d’habitude ; encombrés par leurs bagages, prêts à descendre. Beaucoup allaient en Espagne, au bord de la Méditerranée. De Barcelone à Marbella, tant de possibilités s'offraient à eux...

Les hommes firent un premier voyage avec une partie des sacs, pendant qu'Eva gardait l'autre partie. Ils les déposèrent directement dans le wagon du petit train jaune où Gontrand les gardaient pendant que Pierre faisait un deuxième voyage. Il devait revenir une troisième fois pour les sacs d'Eva. Tout ceci était astreignant et ils n’étaient pas au bout de leurs peines...

Pierre avait tout entassé dans les voitures fermées car, à cette heure matinale, l'air risquait d'être trop vif dans les « barquettes » (voitures découvertes). S'ils le désiraient, ils pourraient toujours s'avancer sur la plate-forme, à l'air libre, pour profiter du paysage ou rester à l'intérieur des compartiments si le froid devenait intenable. En général, un premier juin, le train est vide ou presque.

Dans ces régions de montagnes, en principe, juin est le mois charnière entre l'intense période de ski et la période d'été plus calme. C'est le mois où la plupart des commerçants sont fermés pour congés annuels et où il n'y a pas de navette, pas de cinéma, rien !

Le mois idéal quand on n'aime pas la foule ni se distraire ou que l'on préfère s'amuser entre soi et faire des promenades indépendantes. Dans le cas contraire, le risque de s'ennuyer est grand !

L'homme sur le quai fit signe au conducteur du train qui démarra. Ils étaient partis pour un peu plus d'une heure où les beaux panoramas succèderaient aux sites magnifiques. Le train s'éloigna de la frontière au bord du Sègre et s'arrêtera aux gares de Bourg-Madame et de Saillagouse avant d'atteindre la gare de Font-Romeu-Odeillo-Via. D'autres arrêts étaient possibles. Il fallait alors monter dans la première voiture afin d'en aviser le contrôleur.

La vue était splendide. Elle plongeait à pic au fond des ravins que coupait la ligne de chemin de fer en traversant les différentes stations. Ce train, appelé « sang et or » par certains auteurs, donnait de vraies émotions.

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Jeudi 9 juillet 2009

2

 

 

 

 

Pierre répondit à Thémis par un télégramme car le temps pressait : « Il suffira à Eva d'avoir à la main le drapeau grec afin de l'identifier plus facilement. Et qu'elle nous retrouve à la gare d'Austerlitz, devant le quai de départ du train pour Latour de Carol où nous l'attendrons. »

Arrivés devant ce quai, ils ne virent aucune jeune fille arborant ce drapeau. Ils se regardèrent, perplexes. Le train devait partir dans une demi-heure. « Sera-t-elle là à temps ? A-t-elle bien pris l'avion et qu'a-t-il pu lui arriver ? » Se demandaient-ils...

Ils attendaient depuis quinze minutes, Pierre avait déjà ramené deux chariots pour porter tous les sacs, lorsqu'ils virent arriver, essoufflée, une grande fille très mince, tenant ses couleurs bleu et blanc à la main. Elle tendait le cou, inquiète.

Pierre s'approcha :

- Vous êtes Eva ? Je suis Pierre. Où sont vos bagages ?

- Je les ai laissés là-bas.

Elle désigna une direction de la main.

- Quelqu'un m'a aidé à les porter un bout de chemin puis m'a laissée seule. Je les ai donnés à garder à une dame très gentille qui a bien voulu le faire et je suis partie en courant vous chercher afin que vous m'aidiez à les récupérer. Ils sont trop lourds pour que je puisse les porter tous en une seule fois...

- Allons-y, je crains de rater le train. Dépêchons-nous.

Tout en marchant vite aux côtés de Pierre qui faisait de grands pas, Eva continuait de parler, parler... Bien qu'elle s'exprimât en français sans aucun défaut, Pierre aurait été incapable de répéter ses paroles. Il était trop stressé. Le temps qui restait, avant le départ du train, se rétrécissait comme peau de chagrin et il n'aimait pas du tout cela ! Ils arrivèrent enfin devant les trois gros sacs et la dame qui les gardait :

- Ah ! Enfin ! J'allais partir, dit-elle.

Pierre prit les deux plus gros et Eva le petit.

- Courons, Eva ! Le train n'attendra pas !

Par miracle, ils réussirent à monter tous les trois avant que les portes ne se ferment en abandonnant les chariots sur le quai. Quelques secondes de plus et ils le rataient...

Le cœur de Pierre battait à tout rompre quand le train démarra. Il regarda Eva et lui sourit :

- Ouf ! Nous avons eu de la chance. Rater le train, ce soir, aurait été une horreur ! Je préfère ne pas y penser.

Ils déposèrent enfin leurs fardeaux et rejoignirent leur couchette calmement, plus rien ne pressait.

- Chic ! Il n'y a que nous dans ce compartiment, commenta Gontrand. Imaginez un peu : trois personnes de plus aussi chargées que nous ! Comment aurions-nous fait ?

Pierre s'assit sur le lit du bas :

- Je n'ai pas encore eu le temps de te saluer ni de te dire combien je suis content que tu sois avec nous, Eva. Tu me permets de te tutoyer ?

- Bien sûr, Pierre, vous pouvez. Moi-même je suis très contente d'être avec vous deux, même si notre premier contact a été un peu mouvementé, par ma faute et aussi d'être en France. Pour moi c'est fantastique !

- Vous me pardonnerez tous les deux si je vous laisse bavarder entre vous car je suis épuisé. Je voudrais bien dormir le plus vite possible. Nous aurons tout le temps demain et les jours suivants pour faire plus ample connaissance. Que cela ne vous empêche pas de bavarder ensemble si vous le désirez.

Mais personne ne parla. Eva et Gontrand étaient bien trop fatigués eux aussi. Ils s'endormirent rapidement bercés par le mouvement de la rame.

Ils auront plus de dix heures devant eux pour se reposer. Pendant ce temps, le train traversera la France jusqu'aux Pyrénées, à travers plusieurs départements et des paysages parfois intéressants, mais qu'ils ne pourront voir, pour être, vers huit heures le lendemain matin, à deux pas de la frontière espagnole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 8 juillet 2009

Gabrielle devait les conduire à la gare dans sa Renault 5. Elle arriva chez Pierre fraîche et parfumée. Le temps était splendide... Pierre ouvrit la porte, elle était là, souriante, ravissante : le soleil dans sa chevelure châtain mettait en valeur ses beaux reflets cendrés. L'impression de santé qu'elle dégageait, sa tenue émeraude, l'éclat de ses yeux clairs firent que Pierre manqua défaillir devant une telle apparition. Il ne savait pas pour quelle raison il avait l’impression de la rencontrer pour la première fois :

- Gabrielle, tu es belle, tu m'éblouis !

Il prit ses mains dans les siennes en la regardant dans les yeux avec admiration :

- Que t'arrive-t-il ? Cette réaction est nouvelle, Pierre. Tu ne m'embrasses pas ?

- Si, bien sûr, mais je suis si ému de te voir ainsi... C'est douloureux de devoir partir loin sans que tu puisses venir avec nous.

- Non je ne peux pas. Juin est le dernier mois d’école et il concrétise toute une année de travail.

- Je sais tout cela.

Pierre ne pouvait détacher son regard. Il était fasciné...

- En juillet, tu auras envie de venir me retrouver ?

- Tu veux que je vienne ? demanda-t-elle malicieusement, la tête penchée.

- Oui, beaucoup !

- Moi aussi. Ce sera avec un grand plaisir. Cela nous rappellera nos jeunes années, quand nous passions les vacances ensemble, toi et moi, à la ferme, tu te souviens ?...

- Très bien ! Je vais vivre dans cet espoir. D'ici là, il y aura un long mois à passer !

Gabrielle caressa sa joue pour le rassurer :

- Tu as besoin de changer d'air toi aussi ; ça fait trop longtemps que tu n'as pas bougé d'ici ; cela se passera bien, tu verras. Après tu seras un autre homme, je le sens.

- Moi aussi, je sens que ce changement d'air va me ressusciter. J'étais en train de devenir un fossile ! Pourtant quarante-cinq ans ce n'est pas si vieux, n’est-ce pas ?

Gabrielle rit...

- Tu n'as plus vingt ans, moi non plus. Mais je me sens jeune et tu n'as que quatre ans de plus que moi, tu vois !

- Tu as raison, n'y pensons plus !

Il fit un grand geste théâtral et ajouta :

- Il est plus que temps de secouer la bête... Allez, ma grande, conduis-nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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