Mardi 3 mars 2009
En descendant vers le lac, Annielle a croisé quelques personnes qui ont eu l'air étonnée à sa vue. Un plombier avec sa boîte à outils à la main est incongru à cet endroit, mais c'est surtout son allure si féminine qui étonne chez un ouvrier à moustaches.

Annielle s'assied au bord du lac. Elle repense à cet homme qu'elle a réussi à maîtriser et à qui elle a fait peur, avec quoi ? Une clé à molette et un pistolet d'alarme. Heureusement qu'il n'était pas barraqué ni grand car elle n'aurait rien pu faire. En fait c'était même plutôt un gringalet.

Elle part dans un fou rire qui manque de l'étouffer. Ainsi, voilà qu'elle a sauvé sa "cabane" du feu. Mais pour combien de temps ? Il peut très bien revenir cet homme, surtout s'il a vraiment envie qu'elle brûle. Annielle ne pourra pas rester là jour et nuit pour la garder, c'est exclus !

Tout à coup, elle se frappe le front ! Mon Dieu ! J'ai appelé les pompiers avec mon portable. Ainsi ils ont mon numéro de téléphone. Que je suis bête. Je n'y ai pas pensé. Ils vont donc pouvoir me retrouver. Que dois-je faire ?

Une idée lui vient à l'esprit. Elle ouvre sa boîte à outils, en sort ses vêtements et se change. Elle remet dans ladite boîte ses habits de plombier, la casquette et les moustaches et, ainsi, ayant repris son apparence habituelle, remonte par des escaliers à même la forêt et retourne à sa voiture.

Elle va au commissariat déclarer le vol de son portable. Elle dit qu'on le lui a volé la veille et qu'elle s'en est aperçue le matin quand elle a voulu s'en servir. Elle signe sa plainte et repart le coeur léger. Elle jette le portable en question dans la première poubelle qui se présente et remonte dans sa voiture, direction : "la maison familiale."

Cette maison, quand même ! Dans quelles aventures va-t-elle encore l'entraîner ? Elle n'en sait rien. Mais ce qu'elle sait, c'est que certaines personnes sont impliquées désormais dans des actes délictueux et qu'il ne tient qu'à elle d'en faire part à la police.

Dès son retour à "sa maison", elle reprend la pochette dans laquelle elle a déjà glissé deux feuilles écrites de sa main, les photos qu'elle avait faites et y ajoute une feuille où elle raconte ce qu'elle a vu le jour même ainsi que la photo de l'individu qu'elle a terrassé. Elle la prend, se rend dans une boutique de photocopies en tous genres, tire plusieurs exemplaires de ses déclarations ainsi que des photos, les glisse dans d'autres enveloppes. L'une est pour la gendarmerie (pour le cas ou l'escort serait un mec sérieux.) La deuxième pour la police, la troisième pour un avocat qu'elle a choisi dans l'annuaire et auprès de qui elle a pris rendez-vous. La quatrième enfin est pour elle. Elle va de se pas ouvrir un coffre à la banque pour la mettre dedans.

Ainsi elle est désormais couverte. S'il lui arrive quelque chose, tout le monde saura qui sont les personnes à incriminer.  Ou, du moins, ils auront des pistes.
Par CHAMARIE - Publié dans : Littéraire - Communauté : Le monde du polar
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Dimanche 1 mars 2009

Avant toute chose, je voulais vous dire que, si vous n'avez eu que quelques lignes hier, c'est parce que j'avais préparé ce texte en comptant bien venir le terminer. Mais voilà, je l'ai enregistré pour qu'il paraisse le lendemain et n'y ait plus pensé. Voilà pourquoi il a été publié dans l'état. C'est vrai que je suis perturbée en ce moment. Mais je sais que vous ne m'en voudrez pas et vous en remercie.

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Suite de "La cabane"
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Elle restera tranquille, elle restera tranquille ! C'est à voir. Avec Annielle, la tranquillité ne dure jamais bien longtemps. Car voilà qu'elle a une idée. Elle va se déguiser. Mais oui ! Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt. Bien sûr, le déguisement, quelle bonne chose pour camoufler les personnes qui veulent l'être. De tout temps, cet artifice a été utilisé par des malfrats, de simples voleurs ou bien ceux voulant passer inaperçus parmi des personnes connues. Et ça marche !

C'est ainsi qu'Annielle s'en va de ce pas acheter ce qui lui manque afin qu'on la prenne pour un ouvrier, même  parmi une foule de gendarmes et de policiers de tous poils. En fait, cela se résume à peu de choses, des moustaches. Le reste elle l'a. Un bleu de travail et sa casquette dans laquelle elle n'aura juste qu'à entrer ses cheveux, des moustaches qui lui permettront de faire plus virile, et enfin, une caisse à outils pour représenter le plombier qui vient réparer une fuite...

La voilà qui piaffe de joie avec ses moustaches. Maintenant, elle n'a plus qu'à s'amuser à prendre l'allure d'un ouvrier en plomberie. Que ce soit  dans un endroit quasi désert ou au milieu d'une foule, un plombier trouve sa place. Ainsi fut fait.

Transformée ainsi, nul ne peut la reconnaître. Même le gendarme-escort, qui à l'air d'avoir l'oeil affûté, n'y verrait que du feu. Elle grimpe dans sa voiture en chantant. Enfin, la revoilà qui prend du service. Un mois passé sans bouger, sans aller voir de près sa "cabane", cela commençait à devenir pesant.

Elle roule en chantant à tue-tête. Elle se gare loin, très loin. Elle prend sa caisse à outils à la main et vas-y petit, avec courage, droit vers la cabane...

Au bout d'un moment de marche sans rencontrer âme qui vive, Annielle arrive enfin à proximité du lieu proscrit. Elle s'en approche lentement, passe devant une première fois mais... Que voit-elle ? Un homme est en train de verser de l'essence tout autour. Veut-il donc mettre le feu ? Elle sort son téléphone de sa poche, s'éloigne pour ne pas être entendue et appelle les pompiers. Elle met un mouchoir devant le combiné et force sa voix. Elle les prévient qu'elle voit un homme se préparer à faire brûler une petite maison en bois. Qu'ils viennent vite s'ils ne veulent pas qu'elle ne soit plus qu'un tas de cendres. Ils lui demandent son nom et son adresse. Alors, très vite, elle invente des coordonnées et raccroche.

A ce moment, l'homme prend dans sa poche un briquet et s'apprête à mettre le feu. Elle s'était cachée derrière un fourré tout près de lui. N'écoutant que son bon coeur et son courage, elle saute sur l'homme et le plaque au sol. Elle tient à la main une grosse clé dont elle le menace s'il bouge. Puis elle sort de sa poche un pistolet d'alarme qu'elle lui met sur la tempe.

- Maintenant, lui dit-elle, de deux choses l'une, soit vous partez en courant, soit je vous descends. C'est au choix. 

L'homme lui dit qu'il s'en va mais à condition qu'elle l'épargne. Elle acquièsce. Ainsi l'homme prend ses jambes à son cou et elle reste seule. Que doit-elle faire maintenant ? Attendre les pompiers pour leur prouver que l'homme a bien versé de l'essence ? Non, pas la peine, le bidon est là avec son odeur caractéristique. Ils auront les preuves nécessaires prouvant qu'elle n'a pas menti. Elle s'éloigne par l'arrière et descend jusqu'au lac où elle restera jusqu'à ce que les choses s'apaisent. Elle sortira par un autre côté. 

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Samedi 28 février 2009
Annielle ouvre son quotidien, espérant y voir des nouvelles de l'affaire de la cabane et en savoir un peu plus. Mais elle ne trouve qu'un entrefilet indiquant que la gendarmerie a ouvert une enquête et que de plus amples informations seraient données dès que possible.

Pour l'instant, rien de vraiment concret. Rien qui puisse faire avancer les choses.

Annielle piaffe d'impatience. Elle aimerait beaucoup pouvoir s'approcher de cette chère cabane (un peu moins chère avec les jours qui passent et les évènements.) D'un autre côté, elle ne veut prendre aucun risque et il y en aurait des tonnes à se rendre là-bas. On l'a déjà trop vue. Elle pense à Maurin aussi. Elle ne voudrait pas qu'il se trouve entraîné dans des ennuis à n'en plus finir par sa faute.

Aussi, malgré toute l'énorme envie qu'elle a de s'en mêler, elle restera tranquille.
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Jeudi 26 février 2009

Annielle a maintenant un bon téléphone qui lui permettra de filtrer les appels. Elle sait que l'escort, le beau frisé, quand il lui a donné une carte sensée être celle du propriétaire, l'a trompée puisqu'elle a reçu des menaces venues de ce numéro. En fait, elle ne sait toujours pas qui dirige la fréquentation de la cabane ni qui la fréquente ni à qui elle appartient. Elle pense qu'il est très possible qu'elle appartienne en vérité à un groupe de gens louches qui ont dû monter une SCI quelconque.

Quand l'escort-boy lui a dit que le propriétaire voulait vendre pour partir faire le tour du monde en bateau, c'était un mensonge évidemment. Il doit mentir comme il respire encore celui-là. Il y en a plein des comme lui. La vérité, la franchise et tous les mots synonymes, ne seront bientôt plus qu'un lointain souvenir.

Beaucoup de gens apparemment sont passés là. Non seulement des couples d'amoureux, mais aussi et surtout des gens qui ont besoin de se réunir dans un endroit isolé, à l'écart, pour des raisons plus ou moins louches, plus ou moins malhonnêtes, plutôt plus que moins d'ailleurs.

 

Le noeud du problème sera d'arriver à trouver tous les tenants et les aboutissants de cette sombre affaire. Ce n'est pas elle qui le fera. Quoique...

 

Dans l'immédiat, elle s'installe à son bureau avec les photos qu'elle a fait développer et autour desquelles elle va raconter comment elle s'est approchée de cette maison, en toute franchise. Comment aussi elle y a vu des choses et des gens de genre différent, comment elle en est venue à prendre ces photos, sans arrière-pensée au départ. Ce qu'elle a découvert par rapport à l'escort-boy qui, entre autres, est un homme des plus charmants, souriant et à l'aise. Au point que, malgré tout ce qui peut se passer autour de lui, Annielle a été tentée de lui faire confiance. Juste tentée. Elle n'y a pas succombé. Car elle sait que les plus grands voyous ont bien souvent de bonnes têtes et sont jugés par leurs voisins, leurs amis, comme des gens polis, calmes, sans problèmes. Ce qui n'empêche pas que toute cette dissimulation cache en vérité les pires crimes, parfois même la plus grande perversité. C'est un besoin de se faire bien voir pour mieux pouvoir agir dans la discrétion.

Annielle gamberge un maximum depuis l'article qu'elle a lu la veille. Elle va aller de ce pas acheter le quotidien pour y lire, peut-être, une suite à l'affaire.

Par CHAMARIE - Publié dans : Littéraire - Communauté : Le monde du polar
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Mercredi 25 février 2009
Ainsi, ce matin-là, lorsque Annielle alla acheter le journal du jour, chose qu'elle ne faisait pas régulièrement, elle ne s'attendait pas à y voir une information de taille :

"Une femme a été retrouvée morte dans une maison en bois, près du lac de Biscarrosse."

Elle eut un coup au coeur en lisant cela. Elle lut l'article qui suivait :

"Les gendarmes ont ouvert une enquête. Ils n'ont aucun élément à l'heure actuelle. Nul ne sait ce que faisais cette femme dans  cet endroit inhabité."

Suivait un descriptif de l'endroit qui prouva à Annielle, s'il en était besoin, qu'il s'agissait bien là de la cabane. Ils disaient que cette maison était inhabitée, ce qui voulait dire qu'ils ne savaient pas qu'ils s'y passaient beaucoup de choses en vérité. Que tous ces gens qui y passaient pouvaient être incriminés. Elle décida de suivre les faits au jour le jour afin d'être au courant des évènements concernant cette affaire. Elle achèterait le journal plus souvent pour cela au besoin. Tous les matins, la première chose qu'elle ferait serait de l'acheter.

Annielle revint chez elle toute byzarre. Que penser ? Cette femme était-elle une des deux qu'elle avait vue avec l'escort-gendarme ? Ou bien une autre peut-être. Pour ce jour-là, aucune photo n'accompagnait l'article. Une autre fois peut-être. Elle verrait bien. Ainsi la barrière était franchie. Le mal était fait. Les scellés étaient posés sur la cabane et il y aurait une inspection approfondie de l'intérieur, de l'extérieur, et d'autres choses. Seulement, puisque c'étaient les gendarmes qui avaient l'enquête entre les mains, il serait facile à celui qu'elle connaissait de brouiller les pistes d'une façon ou d'une autre. On verrait bien.

En tout cas, elle savait qu'elle ne bougerait pas, qu'elle ne ferait rien, qu'elle ferait la morte (c'est le cas de dire) avant d'être morte vraiment (ce qui pourrait bien lui arriver si elle bougeait.) Elle avait compris la leçon et les menaces qui lui avaient été faites. Elle avait des défauts mais n'était pas têtue. Elle savait où était son intérêt, où elle devait mettre les pieds ou pas. Et en ce jour, elle devait surtout ne plus répondre au téléphone, ne plus rien faire.

Elle alla de ce pas acheter un téléphone avec possibilité de savoir qui appelle, de façon à ne pas répondre si un mec louche venait l'embêter.
Par CHAMARIE - Publié dans : Littéraire - Communauté : Le monde du polar
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