Mardi 24 février 2009
DEUXIEME PARTIE (CHAPITRE 1)


Un mois est passé depuis les aventures diverses et mouvementées qu'a vécues Annielle.

Elle n'est plus retournée à la cabane car c'était devenu trop dangereux pour elle. Et aussi elle avait un peu peur, il faut bien le dire. Même si elle est courageuse, il y a des limites. 

Les personnes qu'elle doit craindre, elle ne les connaît pas (sauf le gendarme et encore, est-il vraiment à craindre ?) Ils connaissent son numéro de téléphone et son nom, son adresse aussi pour certains. Donc, elle a désormais intérêt à rester sage et tranquille et ne plus risquer de se présenter là-bas où, même en se cachant, elle serait découverte. Elle a compris qu'il se passait des choses. Pas forcément des choses légères. Mais aussi des choses de tout poil, des simples histoires de fesses (peut-être, là encore elle n'en est pas sûre) aux histoires plus graves comme, par exemple, des réunions d'associations de malfaiteurs. Maurin avait donc bien raison là-dessus.

D'ailleurs, quand le gendarme lui a donné cette carte avec un numéro de téléphone inscrit dessus, c'était sensé être les coordonnées du propriétaire. Or, la voix qu'elle a eue au téléphone n'était pas celle du propriétaire, à moins que ce ne soit lui le malfrat. Ca peut toujours se faire mais quand même, elle en doute.

Cette petite maison en bois lui avait plue au départ et voilà qu'elle s'était trouvée embringuée dans les histoires des personnes louches qui fréquentaient cet endroit. Elle ne doit pas perdre de vue ces évènements qui ont définitivement  annulé son désir d'acheter cette cabane. Depuis un mois, Annielle tente d'oublier le beau rêve qu'elle avait pu faire et qui s'est évanoui. Elle n'y retournera plus, elle se l'est promis. Ils pourront faire ce qu'ils voudront là-bas, elle s'en moque désormais. Les lieux louches ne sont pas ses lieux favoris. Et elle a très bien compris que malgré la belle allure que cette maison renvoyait, ce n'était pas la joie à l'intérieur car, dans les coulisses, des personnes peu recommandables tiraient les cordons.

Elle espère juste ne pas avoir d'ennuis avec les traces d'elle qu'elle a éparpillées par ci, par là. Malgré tout, elle n'a pas décidé encore de tout abandonner. Annielle n'est pas comme ça. Il lui en faudrait plus. Elle pense juste ralentir ses ardeurs. Mais elle sait qu'elle a encore quelques trucs à régler avant de passer à autre chose.

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Lundi 23 février 2009

Annielle s'est levée ni tôt ni tard mais la première idée qui lui est venue à l'esprit est de téléphoner au numéro de téléphone que le gendarme lui a fourni, afin de pouvoir parler au propriétaire. Elle pense qu'elle en apprendra ainsi un peu plus sur la cabane.

Elle déjeune, se douche, s'habille et arrive, tout doucement, à 9 heures. Elles pense que c'est la bon moment pour appeler. Elle forme le numéro et tombe sur un répondeur où une voix dit qu'il n'est pas là, qu'elle veuille bien laisser son message, qu'il rappellera dès son retour. Elle laisse son numéro de téléphone et son nom et demande qu'il la rappelle pour parler de la cabane. Il faut encore attendre et ce n'est pas sa qualité première "l'attente, la patience", elle en a trop usé toute sa vie et en est dépourvue désormais.

Peu importe, il rappellera bien un jour cet homme ou sa femme. Quand elle en aura un des deux au bout du fil, elle essaiera de savoir un peu pourquoi ils ont instauré ce genre de rendez-vous des plus douteux dans cette maison.

 

La journée se passe sans qu'elle obtienne le moindre retour de son message. Comment cela se fait-il donc ? Aurait-il donné un faux numéro le gendarme ? Ou bien un numéro bidon d'une façon ou d'une autre ? Qui sait ! Il faut s'attendre à tout avec un tel personnage. Une fois de plus, elle a donné ses coordonnées sans crainte et s'en veut. Décidément, elle n'est pas du tout prudente ces temps-ci. Elle y va spontanément alors qu'elle devrait rester sur la réserve. Elle cherche les ennuis décidément et, à force, elle va finir par les trouver. Le soir est arrivé et toujours rien. C'est bien triste de ne pas pouvoir obtenir de réponse à ses nombreuses questions.

Tout à coup le téléphone sonne, enfin ! Elle décroche et entend une voix déformée qui lui dit :

- Tu voulais que je te rappelle, poupée ? Eh bien, voilà, je te le dis, reste tranquille. Arrête une fois pour toutes de reluquer cette baraque, de vouloir savoir ce qui s'y passe car tu auras des ennuis, O.K. ? Ce sont des histoires de grandes personnes, pas tes histoires. compris ? C'est une première prise de contacts. Si tu restes tranquille, ce sera le dernier. Sinon, méfie-toi ! Il y en aura d'autres et des pires. J'ai ton nom et ton téléphone, c'est largement suffisant pour que je puisse te retrouver.

Il raccrocha laissant Annielle tremblante et déboussolée. Incroyable ! Cette jolie petite maison qui lui paraissait un paradis et dont elle rêvait de tout son coeur, était en train de tourner au cauchemar. Mais qu'arrivait-il donc dans sa vie ?

Elle était entrée dans une affaire au-dessus de ses moyens sans imaginer qu'elle allait en arriver à de telles complications. En fait, elle n'imaginait pas qu'il existait tant de mauvaises personnes là où elle avait imaginé pouvoir acheter une petite maison qui aurait pu lui donner le calme et la sérénité. Or, c'était le contraire. Et même plus, beaucoup plus. C'était pire que tout. L'antichambre de la grande délinquance peut-être.

Elle décida d'oublier totalement cette histoire et de ne plus jamais approcher de cet endroit. Se faire oublier. Devenir transparente. En attendant, elle n'était pas bien dans sa peau à cet instant précis... En vérité tout cela la dépassait et elle ne savait plus très bien où elle en était.

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Samedi 21 février 2009

En sortant de la gendarmerie, elle secoue la tête, pas très contente d'elle. Elle regrette presque d'avoir dit "c'est d'accord" au gendarme qui lui recommandait de ne plus aller là-bas et d'avoir un secret ensemble. Cela ne lui plaît qu'à moitié car elle sera obligée de la boucler au cas où il se passerait quelque chose. Ce qu'elle regrette surtout, c'est d'avoir accepté, en quelque sorte, de ne plus aller là-bas alors qu'elle en a tellement envie. Tenir une promesse, c'est bien, mais encore faut-il que ce soit entre personnes de même niveau d'honnêteté. Or là, ce n'est pas le cas. Annielle estime être une personne honnête tandis qu'elle a des doutes sur le gendarme. Il joue double jeu et ce n'est pas une preuve de régularité dans son métier. Si tous les gendarmes faisaient des choses comme ça, où irait-on ? Il y en a bien sûr dont on peut  se poser des questions. Et puis, tout être humain est susceptible, un jour ou l'autre, de faillir à sa mission. Est-ce que ses distractions en dehors de son boulot le font faillir ? Elle n'en sait trop rien. Mais elle en vient en se poser des questions.

En tout cas, pendant quelques temps, elle va devoir se tenir tranquille. C'est la moindre des choses. Si elle devait se trouver de nouveau impliquée dans des histoires à la noix comme celle du matin, cela pourrait très vite faire peser sur elle des soupçons et elle ne voudrait pas que cela arrivât.

 

Elle rentre chez elle penaude. Elle n'est pas super contente d'elle, de sa journée, de rien. Elle devra taire ces faits à Maurin si elle ne veut pas se faire encore une fois gronder. Il ne la loupe pas Maurin. Il est sévère avec elle et pas toujours d'accord avec ses faits et gestes qu'il trouve un peu légers. Aussi se trouve-t-elle confrontée à elle-même. Comme toujours dans ce cas-là, elle jure ses "grands Dieux" qu'elle va se tenir tranquille, ne plus bouger, vivre comme tout le monde c'est-à-dire : s'occuper de ce qui la regarde, son ménage, son budget, ses courses, sa cuisine... Et oublier tous ces gens, Maurin même. Quand elle aura fini l'essentiel, elle s'allongera sur son relax au soleil afin de se recharger en vitamines D. Après ça ira mieux.

 

 

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Vendredi 20 février 2009
Le lendemain, alors qu'Annielle vaquait à ses occupations ménagères, le téléphone sonna :

- Allô ! Dit-elle.
- Madame Annielle CHAT ?*
- Oui, c'est bien moi.
- Ici la gendarmerie, bonjour madame ! Nous aimerions avoir un entretien avec vous. Quand pouvez-vous venir à nos bureaux ?
- Demain matin, si ça vous convient.
- D'accord, 10 heures.

Le lendemain, nous la retrouvons en route pour la gendarmerie de Biscarrosse. Arrivée là, elle gare sa voiture du mieux qu'elle peut (il ne faut pas rigoler avec ces gens-là, n'est-ce pas ?)

Elle entre à l'intérieur, s'adresse à l'accueil et annonce son rendez-vous avec le gendarme qu'elle doit rencontrer. La personne de l'accueil lui montre de la main la porte où elle doit frapper. Elle y va, frappe et entend : "Entrez !" Elle pousse la porte, l'homme est de dos devant la fenêtre. Elle s'avance, il se retourne, et là, elle ne peut s'empêcher de pousser un cri. Quelle surprise ! L'homme devant elle, le gendarme avec qui elle avait rendez-vous : c'est celui qu'elle a déjà rencontré à la cabane, une première fois alors qu'elle était avec Maurin en train de pique-niquer. La seconde fois, alors qu'elle était cachée dans un fourré. C'est cet homme qui venait passer du bon temps en compagnie de femmes mûres. Mais comment est-ce possible ?

- Oui, madame. C'est bien moi. Celui que vous avez rencontré à la cabane il y a de cela quelques jours. Chacun se distrait comme il peut. Moi c'est comme ça que je passe mon temps libre.
- Ah bon ! Bredouille-t-elle. En fait elle ne savait pas trop quoi dire. Cet homme à pourtant  un air tranquille et serein en disant cela. Bizarre !
- Ne vous inquiétez pas, ce sera notre secret. Je ne vous ferai pas déposer, ce qui vous évitera des ennuis et, de votre côté, vous garderez pour vous ce que vous savez sur moi. Et, si je peux vous donner un conseil, n'allez plus là-bas. Vous finiriez pas avoir des ennuis. La curiosité est un vilain défaut.
- C'est d'accord !
- Vous pouvez y aller. Reprenez votre carte. Au fait, vous m'en aviez donné une, lorsque vous pique-niquiez avec votre mari ?
- Oui !
- Je ne sais pas ce que j'en ai fait, je l'ai égarée. Voulez-vous toujours les coordonnées du propriétaire ?
- Oui, s'il vous plaît.
- Je dois les avoir là. Les voilà, tenez !
- Merci, au revoir.
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Mercredi 18 février 2009

Ce qui l'ennuyait, c'est qu'il allait falloir donner une explication valable pour justifier sa présence ici à une heure pareille : huit heures ! Si elle raconte qu'elle a fait soixante kilomètres pour espionner la maison, elle sera très sûrement regardée de travers, avec suspicion. Il faut dire que c'est être "très curieuse" pour faire une chose pareille. Si elle explique qu'elle a fait cela par amour pour "la cabane", la croira-t-on ?

Elle en était là de ses pensées, de ses élucubrations, quand elle entendit le pin-pon des pompiers. "Il va falloir que je trouve une explication valable." Mais aucune idée ne lui venait. Les pompiers étaient quatre dont un médecin qui commença à ausculter l'homme au sol. Bien que durement touché, il respirait encore.

- Bonjour madame. C'est vous, je suppose, qui nous avez appelés ? Lui demanda l'un d'eux.
- Oui monsieur !
- Et comment se fait-il que vous étiez là aussi tôt ?
- Eh bien ! Je voulais passer ma journée en bas, au bord du lac et je savais qu'en passant par là, je n'avais qu'à descendre par ce chemin. Quand je suis arrivée, ils se disputaient et faisaient du bruit. Je me suis donc cachée là, derrière ce buisson, en attendant que les choses se calment. J'ai donc tout vu. Je vous ai appelé aussitôt après leur départ pour porter assistance à ce pauvre homme.
- C'est bien madame. Vous auriez pu partir sans rien faire et laisser mourir cet homme. Vous avez été humaine. Vous devrez faire votre déposition chez les gendarmes.
- C'est d'accord ! Puis-je y aller maintenant ?
- Donnez-moi vos coordonnées d'abord.
- Voici ma carte (c'était celle qu'elle avait laissée sur la table de nuit.)
- Merci, vous serez convoquée dans quelques jours. Vous pouvez y aller.

Annielle de demanda pas son reste. Elle courut vers sa voiture, fit ses courses et rentra chez elle.

 

Ouf ! Fit-elle une fois rentrée. Quelle journée ! Ou plutôt quelle matinée ! Elle rangea les courses, la maison, passa l'aspirateur, se fit un repas léger de crudités et oeufs durs qu'elle mangeat de bon appétit puis s'assit dans un fauteuil et repensa aux évènements du matin.  

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